La Légende

Le 7 décembre 1941, les japonais attaquent par surprise l’île de Pearl Harbor, où est stationnée la majorité de flotte de guerre américaine du Pacifique Sud. Cette attaque est d’autant plus odieuse, que les Japonais jouaient double jeu en menant parallèlement des négociations de paix. Cette attaque surprise provoque l’entrée en guerre des USA dans la seconde guerre mondiale, Roosevelt parlant alors d’un « jour marqué du sceau de l’infâmie« .

Les Faits

Depuis 1940, Roosevelt fournit à la Grande-Bretagne des équipements (armes et matériels). Roosevelt a les mains liées par le Congrès qui lui refuse la participation ouverte des Etats-Unis à la Guerre Mondiale qui secoue pour l’instant l’Europe. Mais sa crainte et sa haine des dictatures européennes, lui font penser que cette entrée en guerre est inéluctable et même souhaitable.

La crainte du Japon

Empereur Hiro Hito

Mais au delà de l’Europe, le Japon constitue sa véritable obsession. Depuis le début du siècle, les deux nations se livrent à une concurrence économique féroce pour assurer leur suprématie sur l’Asie et le Pacifique. Depuis 1930, Les Etats-Unis savent que le prochain conflit les opposera au Japon.

Le Japon annexe la Mandchourie en 1931, envahit la Chine en 1937, adhère au pacte Germano-italien (le pacte tripartite), puis enfin envahit le Tonkin (français). Les Etats-Unis ne cessent alors de travailler à des plans de guerre détaillés. D’ailleurs, ces plans seront pratiquement appliqués sans modification à partir de 1942.

Lorsque le Japon fait pression sur la Thaïlande (le Siam) pour qu’elle applique un embargo sur la Chine (Les Etats-Unis ravitaillent Tchang Kaï-Shek), c’est le début des hostilités. Mais les services de renseignements de Etats-Unis disposent depuis fin 1940 des codes secrets du commandement Japonais. Et c’est là un des éléments clefs de Pearl Harbor. Comment ne pas être au courant de l’attaque de Pearl Harbor en étant en possession de ces codes ?

Les préparatifs de la guerre

Début 1941, la Flotte US du Pacifique est transférée de San Diego à Pearl Harbor, bien moins défendue. En dépit des avertissements et des refus appuyés de l’Amiral Richardson, qui déplorait l’exposition de Pearl Harbor aux attaques par torpilles.

Dans le même temps, le Japon renonce à la guerre avec l’Union Soviétique en signant un traité de neutralité, puis réaffirme son besoin d’espace « vital » dans le Pacifique. A partir du mois de juin, les Japonais vont mener de front les préparatifs d’une attaque massive, et des négociations de paix avec les USA. Mais grâce à la connaissance des codes secrets, le gouvernement américain sera toujours tenu au courant des intentions du Japon.

Fin Juillet, Roosevelt accule le Japon en ordonnant le blocus du pétrole. Il sait très bien que le Japon a ainsi le couteau sous la gorge. Dans le même temps, Roosevelt augmente son aide directe à la Chine.

24 Septembre : Le Japon demande à son consulat à Hawaï des informations sur la base de Pearl Harbor. Le message est bien entendu décrypté mais les chefs militaires d’Hawaï (Contre-Amiraux Kimmel et Short) n’en sont pas informés !

Des éléments troublants

Premier Ministre Tojo

Général Tojo

Mi-octobre 1941. Le Général Tojo remplace l’ancien Premier Ministre. Le même mois, la machine à décrypter les messages Japonais, basée à Pearl Harbor, est remplacée sans explication par une autre machine britannique, moins performante. Les mesures de protection sont renforcées sur Guam et les Philippines, mais pas sur Pearl Harbor.

17 novembre. La négocation de paix s’enlise. Les Américains rejettent les demandes « minimales » de Japon.

25 novembre. Les services britanniques et américains décryptent un message Japonais, indiquant une attaque imminente. Le signal devant être donné à la Radio de Tokyo comme une météo – la pluie signifiant la guerre, l’est (Higashi) signifiant les Etats-Unis

27 Novembre. Roosevelt confie à Stimson, secrétaire de la guerre, qu’une attaque surprise des Japonais est imminente et « qu’il convient de les manœuvrer pour qu’ils tirent les premiers« . Depuis la veille, la flotte Japonaise est en route vers Pearl Harbor et attend les ordres. Tous les services de renseignements américains savent alors que les porte-avions japonais ont « mystérieusement » disparu de leur base d’Hitokappu.

Début décembre. Tous les porte-avions américains quittent Pearl Harbor : Le Saratoga vers la Californie, Le Lexington et l’Enterprise vont livrer des avions à Midway et Wake. Seuls des cuirassés et unités sans importance restent à Pearl Harbor. Car Roosevelt, visionnaire, sait que les batailles maritimes se gagneront grâce aux porte-avions, et non aux cuirassés.

7 décembre 1941.

La veille, 6 décembre, Roosevelt invite l’empereur Hiro Hito a revenir à la table des négociations, sachant très bien qu’elles sont closes. En effet, les messages Japonais ordonnant l’attaque sur Pearl Habor le 7/12 à 13h00 précises (heure de Washington) sont décryptés. Le message est même décrypté par les américains avant l’ambassadeur du Japon ! Roosevelt a t-il fait attendre ses visiteurs Japonais à la Maison Blanche afin que l’attaque se déroule pendant ces fameuses ultimes négociations ?

Le général Marshall télégraphie à Panama, San Diego, Pearl Harbor et aux Philippines pour prévenir de cette attaque imminente. Mais pour une raison inconnue, un des télégrammes – celui de Pearl Harbor – mettra 8 heures à parvenir à destination, c’est à dire une fois que l’attaque est terminée. De même, Mac Arthur, pourtant au courant de l’attaque, donnera des ordres contradictoires afin que les bombardiers basés aux Philippines restent au sol. Ils seront détruits quelques heures plus tard.

Dans ses mémoires, le contre-amiral Kimmel écrit : « Cela faisait partie du plan de Roosevelt de n’envoyer aucun avertissement aux îles Hawaii. Le commandement de l’armée et la marine dans les îles Hawaii ne reçurent même pas la moindre allusion à propos des télégrammes Japonais que l’on avait intercepté et décodé »

Le bilan

Le USS Arizona sombre

Le USS Arizona sombre

2400 morts, 1200 blessés. 9 bâtiments américains sont détruits, 9 autres sont endommagés, 180 avions sont détruits.

Ce qui est très faible en regard de la capacité militaro industrielle des Etats-Unis à cette époque. En 1941, l’US Navy dispose en effet de 166 destroyers, 17 cuirassés, 6 porte-avions, et près de 1800 avions de combat. En 1945, la Navy disposera de 220 destroyers, 28 cuirassés, 95 porte-avions, et plus de 45.000 avions !

Sur un plan purement comptable, les pertes de Pearl Harbour furent en fait dérisoires aussi bien en matériels qu’en hommes : 2400 hommes sur un effectif de 360.000 (4 millions à la fin de la guerre).

D’autre part, presque tous les navires touchés étaient des vieux bâtiments et plus de 80% d’entre eux furent remis en état et modernisés après l’attaque. 2 cuirassés sont détruits : l’Arizona, suite à l’explosion de sa soute à munition, et l’Oklahoma, touché par des torpilles. Les autres cuirassés seront remis en état. 3 croiseurs sont endommagés : le Raleight, très vieux bâtiment, totalement dépassé. L’Héléna et l’Honolulu, tous deux reparés et modernisés suffisamment vite pour combattre aux Iles Salomon. Les destroyers Cassin et Downes, très endommagés, furent utilisés pour équiper en machines d’autres bâtiments.

La déclaration de guerre

Roosevelt signe la déclaration de guerre

Roosevelt signe la déclaration de guerre

Franklin Roosevelt fait alors sa célèbre déclaration au congrès, le 8 décembre 1941, où il demande l’entrée en guerre des Etats-Unis contre le Japon. Il est applaudi debout par les sénateurs. Pour tous les américains, cette attaque est odieuse. Les Etats-Unis ne sont pas les agresseurs mais la victime. Roosevelt peut donc se lancer dans la guerre « totale » qu’il souhaitait. L’Amérique sortira du conflit en étant devenue la première puissance mondiale.

De nombreux indices font néanmoins penser à une manipulation. De là à penser que Roosevelt savait, et a sciemment sacrifié des soldats, il n’y a qu’un pas que plusieurs historiens ont franchi. Eleanore Roosevelt écrivit même dans son journal « mon mari est devenu d’un coup plus serein après l’annonce de cette attaque« .